Marc Barani, architecte français de renom, originaire de la région niçoise, signe la création du nouveau chai du domaine Les Davids, situé aux confins du Luberon, dans la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Outre les espaces propres à la vinification, le chai, aussi impressionnant que discret, se dote d’un comptoir de vente et de dégustations oenogastronomiques dont l’ouverture au public se fera à la fin du printemps 2021.



Sorti de terre tel un mastaba antique, le chai s’inscrit à la perfection dans son paysage et offre, à la dégustation savoureuse en terrasse, une vue immense sur le domaine. En parfaite harmonie avec son environnement, l’architecture rappelle, par sa forme et sa couleur, les teintes des roches et des terres voisines. L’artiste belge Yves Zurstrassen y déploie des oeuvres monumentales, presque architecturales, comme une imposante fresque en céramique.

Sophie Le Clercq, spécialiste belge du développement immobilier, acquiert cette terre en 2000, avant de la restaurer avec passion en y réintroduisant la biodiversité. Les Davids, qui comptent désormais vingt hectares de vignes, entourées de vergers et de cultures maraîchères, produisent actuellement neuf vins biologiques de très belle qualité. Le savoir-faire de Marc Barani rejoint ici la vision de Sophie Le Clercq : imaginer un chai qui puisse à la fois respecter l’ensemble du processus de vinification par gravité (réception des raisins et emplissage des cuves à l’étage ; vinification-assemblage-vente au rez-de-chaussée ; mise en bouteille et stockage au sous-sol) et intégrer son architecture au paysage au point qu’il en paraît être un élément naturel.


Le bâtiment, coulé en béton coffré de planchettes en bois, à l’ancienne, a été teinté dans la masse de la même couleur ocre que les terres rocheuses de la région, lui conférant une texture végétale. Sa forme, légèrement évasée, semble sortir de terre et évoque un mastaba de l’antiquité. Dès l’arrivée, on est frappé par un alignement monumental de cuves tulipes en béton que l’on distingue à travers les vitres bordant la terrasse. Cet écran panoramique aspire dans ses reflets les lignes de vignes en contrebas et rend lisible la fonction de l’édifice au premier coup d’œil.

La terrasse, couverte d’une ample toiture en porte à faux, surplombe le domaine et offre une vue immense sur les monts alentour, formant un trait d’union entre les vignes et la vinification. C’est d’ici que le visiteur longe le couloir d’accès au chai, orné d’une fresque de céramique de l’artiste belge Yves Zurstrassen, qui le mène au comptoir de dégustation et de vente. Dès son ouverture, celui-ci proposera des expériences de dégustation selon des accords vins-mets composés sur mesure par un chef étoilé et l’œnologue du domaine. Cette nouvelle réalisation de Marc Barani marque le point d’orgue de plus de vingt ans de passion et de travail sur un terroir rare et préservé.

Le domaine Les Davids est situé aux confins du Luberon, une région sauvage dont la diversité de sols fait la richesse du terroir. Le Parc naturel du Luberon qui le contient est partagé entre des chênaies, garrigues aux odeurs aromatiques et cultures de lavande, d’oliviers et de vignes. Depuis toujours, chèvres et moutons en arpentent les crêtes. Cerfs, sangliers et oiseaux méditerranéens y sont obser- vés ainsi que des espèces plus montagnardes.

Le domaine est délibérément conduit en polyculture biologique, ce qui garantit la biodiversité et la présence de levures naturelles assurant une parfaite fermentation. Ces qualités combinées, tant humaines que naturelles, permettent au domaine de produire, d’année en année, des vins d’exception en quantités raisonnées.

Au cœur du domaine, trois étangs recueillent les eaux de ruissellement grâce à des fossés végétalisés. Depuis déjà cinq cents ans, la source sauvage alimente l’ancien lavoir, jouxtant la cour des Davids. Le trop-plein se déverse dans le fossé menant au premier réservoir d’eau. Un système d’irrigation goutte à goutte amène l’eau là où elle est nécessaire. Tous ces aménagements ont con- struit Les Davids, dans le respect et pour la biodiversité. Il s’en nourrit et la nourrit. Il témoigne aujourd’hui de ce que la polyculture est essentielle à l’agriculture biologique.